Convention collective Syntec et paie : guide 2026 pour PME et cabinets EC
Convention collective Syntec et paie : guide 2026 pour PME et cabinets EC
Champ d’application, classifications ETAM et cadres, valeur du point, modalités de temps de travail et prime de vacances : le guide paie complet de la convention Syntec (IDCC 1486) pour bien traiter les bulletins en 2026.
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2026

En résumé
- La convention Syntec (IDCC 1486), brochure 3018, couvre les bureaux d’études techniques, les cabinets d’ingénieurs-conseils, les sociétés de conseil et une large partie du secteur informatique et numérique.
- Elle distingue deux grandes familles de classification : les ETAM (employés, techniciens, agents de maîtrise) et les Ingénieurs et Cadres (IC), avec des mécanismes de minima différents.
- Les minima se calculent à partir d’une valeur du point : environ 3,32 € pour les ETAM (avec une indemnité spéciale d’environ 887 €) et 21,40 € pour les cadres en 2026, à confirmer sur le dernier avenant salaires publié au Journal officiel.
- Trois modalités de temps de travail coexistent : modalité standard, réalisation de missions (modalité 2) et réalisation de missions avec autonomie complète en forfait jours (modalité 3).
- Spécificité notable : la prime de vacances Syntec, égale à au moins 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés de l’ensemble des salariés.
Champ d’application : qui relève de la convention Syntec ?
La convention collective nationale des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseil, dite convention Syntec, porte l’identifiant IDCC 1486 et la brochure 3018. C’est l’une des conventions les plus appliquées en France, parce qu’elle couvre des secteurs à forte croissance : l’ingénierie, le conseil en management, les études techniques, et surtout une grande partie de l’informatique et du numérique (édition de logiciels, ESN, conseil en systèmes d’information).
L’appartenance à la convention se détermine par l’activité réelle de l’entreprise, matérialisée par son code APE/NAF, mais ce code n’est qu’un indice : c’est l’activité principale effective qui prime en cas de litige. Une entreprise dont l’activité dominante est le développement logiciel ou le conseil relève très généralement de Syntec, même si son code APE est ambigu. En cas de doute, l’analyse de l’objet social et de la répartition du chiffre d’affaires par activité tranche la question.
Pour une PME ou un cabinet d’expertise comptable, l’enjeu est double : appliquer la bonne convention conditionne les minima de salaire, les classifications, les primes et les règles de temps de travail. Une erreur d’affiliation conventionnelle se paie cher en cas de contrôle ou de contentieux prud’homal. La sécurisation du paramétrage conventionnel dans le logiciel de paie est précisément ce que gère un cabinet spécialisé, comme détaillé dans notre guide du logiciel Silae.
Les classifications : ETAM et Ingénieurs/Cadres
La convention Syntec structure les salariés en deux grandes catégories, chacune avec sa propre grille de classification et son mécanisme de minima.
Les ETAM regroupent les employés, techniciens et agents de maîtrise. Ils sont classés par position (de 1.1 à 3.3 selon les grilles) et par coefficient hiérarchique. Cette catégorie couvre les fonctions support, techniques et d’encadrement intermédiaire.
Les Ingénieurs et Cadres (IC) constituent la seconde famille, particulièrement représentée dans le conseil et l’informatique. Ils sont classés en trois grandes positions : position 1 (débutants et jeunes cadres), position 2 (cadres confirmés), position 3 (cadres à responsabilités élargies et direction), chaque position étant subdivisée et associée à un coefficient. Le statut cadre emporte des conséquences en matière de retraite complémentaire, de prévoyance et de modalités de temps de travail.
La bonne classification d’un salarié n’est pas une formalité : elle détermine son minimum conventionnel, ses conditions de temps de travail et sa protection sociale. Un sous-classement expose l’employeur à un rappel de salaire et à un risque prud’homal, sujet que nous traitons dans notre article sur les litiges paie.
Comment sont calculés les salaires minima
La particularité de Syntec est de calculer les minima conventionnels à partir d’une valeur du point, distincte pour les ETAM et pour les cadres, revalorisée par avenant salaires négocié entre les partenaires sociaux.
Pour les ETAM, la formule combine le coefficient, la valeur du point ETAM et une indemnité spéciale forfaitaire : minimum = (coefficient × valeur du point ETAM) + indemnité spéciale. Pour 2026, la valeur du point ETAM est de l’ordre de 3,32 € et l’indemnité spéciale d’environ 887 €.
Pour les Ingénieurs et Cadres, le calcul est plus direct : minimum = coefficient × valeur du point cadre, la valeur du point cadre s’établissant autour de 21,40 € en 2026.
Attention : les valeurs du point et les minima évoluent à chaque avenant salaires. Avant tout traitement de paie, il faut vérifier le dernier avenant en vigueur publié au Journal officiel et étendu, car un accord peut relever la grille en cours d’année. Les chiffres de ce guide sont des ordres de grandeur 2026 à confirmer sur la source officielle.
La revalorisation 2026 s’est établie autour de +2,8 % pour les ETAM et +2,5 % pour les cadres par rapport à l’année précédente, dans un contexte inflationniste qui a poussé les branches à réajuster régulièrement leurs grilles pour maintenir les minima au-dessus du SMIC (environ 1 810 € brut mensuel en 2026).
Grille indicative des minima 2026
Le tableau ci-dessous illustre le mécanisme de calcul sur quelques coefficients représentatifs. Il a une vocation pédagogique : les montants exacts doivent être confirmés sur le dernier avenant salaires Syntec en vigueur, seul texte opposable.
| Catégorie / position | Coefficient (indicatif) | Mode de calcul | Minimum indicatif 2026 |
|---|---|---|---|
| ETAM position 1 | 240 | (240 × 3,32) + 887 | ~1 684 € |
| ETAM position 2 | 310 | (310 × 3,32) + 887 | ~1 916 € |
| Cadre position 1.1 | 95 | 95 × 21,40 | ~2 033 € |
| Cadre position 2.1 | 115 | 115 × 21,40 | ~2 461 € |
| Cadre position 3.1 | 170 | 170 × 21,40 | ~3 638 € |
Point de vigilance permanent : aucun minimum conventionnel ne peut être inférieur au SMIC. Lorsque le calcul conventionnel tombe sous le SMIC (fréquent sur les premiers coefficients ETAM), c’est le SMIC qui s’applique. Le gestionnaire de paie doit systématiquement comparer le minimum conventionnel calculé au SMIC en vigueur et retenir le plus favorable.
Les trois modalités de gestion du temps de travail
La convention Syntec est connue pour son système à trois modalités, qui organise le temps de travail selon le degré d’autonomie du salarié. C’est l’un des points les plus techniques à paramétrer correctement en paie.
Modalité 1 — modalité standard. Elle s’applique par défaut aux salariés dont le temps de travail est décompté en heures, sur la base de la durée légale de 35 heures. Les heures supplémentaires se comptabilisent et se majorent selon le droit commun.
Modalité 2 — réalisation de missions. Destinée aux salariés autonomes dans l’organisation de leur travail, elle repose sur un forfait horaire hebdomadaire supérieur à 35 heures (dans la limite conventionnelle), en contrepartie d’une rémunération au moins égale à un pourcentage majoré du minimum conventionnel (de l’ordre de 115 %) et du plafond de la sécurité sociale. Elle est très répandue dans les ESN et le conseil.
Modalité 3 — réalisation de missions avec autonomie complète. Il s’agit du forfait annuel en jours, réservé aux cadres disposant d’une large autonomie, généralement à partir de la position 3.1. Le décompte se fait en jours travaillés sur l’année, avec un suivi de la charge de travail et des repos obligatoires. Le paramétrage paie doit intégrer le nombre de jours du forfait, les jours de repos (RTT) et les mécanismes de suivi.
Le choix de la modalité n’est pas libre : il dépend du poste, du niveau d’autonomie et de la classification. Une modalité mal attribuée (forfait jours appliqué à un salarié qui n’y est pas éligible, par exemple) expose l’entreprise à une requalification et au paiement d’heures supplémentaires rétroactives.
Primes et spécificités paie à ne pas manquer
Au-delà des minima et du temps de travail, la convention Syntec comporte plusieurs spécificités qui doivent être correctement intégrées au bulletin.
La prime de vacances. C’est la spécificité la plus emblématique de Syntec. La convention prévoit une prime de vacances d’un montant global au moins égal à 10 % de la masse globale des indemnités de congés payés de l’ensemble des salariés. Son versement et ses modalités de répartition doivent être organisés par l’employeur ; certaines primes déjà versées peuvent, sous conditions, être considérées comme satisfaisant à cette obligation. C’est un point régulièrement source d’erreurs et de contentieux.
Les jours de RTT. Pour les salariés en modalité 2 ou 3, la réduction du temps de travail se traduit par des jours de repos dont le nombre et les règles de prise doivent être suivis en paie et sur les compteurs.
La période d’essai et le préavis. La convention fixe des durées spécifiques selon la catégorie (ETAM ou cadre), qui priment sur les durées légales lorsqu’elles sont plus favorables ou expressément prévues.
Chacune de ces règles doit être traduite dans le paramétrage du logiciel de paie et dans la production de la DSN. Une convention aussi technique que Syntec est un bon exemple de dossier où l’externalisation à un cabinet spécialisé sécurise la conformité, notamment pour les cabinets d’expertise comptable qui préfèrent déléguer la production paie tout en gardant la relation client, comme le décrit notre offre pour les cabinets d’expertise comptable. La production de la DSN mensuelle qui en découle est présentée dans notre guide DSN complet.
Questions fréquentes sur la convention Syntec
Comment savoir si mon entreprise relève de la convention Syntec ?
L’appartenance se détermine par l’activité principale réelle de l’entreprise, le code APE/NAF n’étant qu’un indice. Les activités d’ingénierie, de conseil, d’études techniques et une grande partie de l’informatique et du numérique relèvent de Syntec (IDCC 1486). En cas de doute, l’analyse de l’objet social et de la répartition du chiffre d’affaires tranche.
Quelle est la valeur du point Syntec en 2026 ?
En 2026, la valeur du point est de l’ordre de 3,32 € pour les ETAM (avec une indemnité spéciale d’environ 887 €) et de 21,40 € pour les cadres. Ces valeurs évoluent par avenant salaires : il faut toujours vérifier le dernier avenant en vigueur publié au Journal officiel avant de traiter la paie.
Qu’est-ce que la modalité 2 chez Syntec ?
La modalité 2, dite réalisation de missions, s’applique aux salariés autonomes travaillant sur un forfait horaire supérieur à 35 heures. Elle suppose une rémunération au moins égale à environ 115 % du minimum conventionnel et au plafond de la sécurité sociale. Elle est fréquente dans les ESN et le conseil.
La prime de vacances Syntec est-elle obligatoire ?
Oui. La convention impose une prime de vacances d’un montant global au moins égal à 10 % de la masse des indemnités de congés payés de l’ensemble des salariés. Certaines primes déjà versées peuvent, sous conditions, y être imputées, mais l’obligation elle-même ne peut pas être ignorée.
Un salarié Syntec peut-il être payé sous le minimum conventionnel ?
Non. Le salaire ne peut être inférieur au minimum conventionnel correspondant à sa classification, ni au SMIC. Lorsque le minimum conventionnel calculé tombe sous le SMIC, c’est le SMIC qui s’applique. Le gestionnaire compare systématiquement les deux et retient le plus favorable.
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Thomas Guerin
FONDATEUR — ARCHIPAIE
Fondateur d’Archipaie, cabinet certifié Silae Partner spécialisé dans l’externalisation paie pour PME, ETI et cabinets d’expertise comptable. Thomas accompagne les directions générales et DAF dans la structuration de leur fonction paie et RH.
Article publié par Archipaie — Externalisation paie et veille juridique — Cabinet certifié Silae Partner.
